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  • Alida Ines SOUBEIGA

Autonomisation de la femme : l’avenir des pays en voie de développement

Selon les calculs d’ONU Femmes en 2015, 75 % des hommes en âge de travailler (15 ans et plus) font partie de la population active, contre seulement la moitié des femmes de la même tranche d’âge à l’échelle mondiale. Les femmes représentent près des deux tiers des « travailleurs familiaux », qui travaillent dans une entreprise familiale sans percevoir de salaire direct. Pourtant, elles travaillent plus que les hommes : en moyenne, elles effectuent près de deux fois et demie plus de travail de soin non rémunéré et de travail domestique que les hommes. Elles, travaillent plus longtemps que les hommes chaque jour les femmes, dans presque tous les pays ,si l’on prend en compte le travail rémunéré et non rémunéré.

« En Afrique les femmes interviennent de manière plus active dans le secteur de l’économie que cela soit à titre d’agricultrice, d’employées et d’entrepreneures. Elles constituent le rouage incontournable du bien-être de leurs familles et la pièce maîtresse de l’avenir de leurs enfants. » Geraldine J. Fraser-Moleketi, Envoyée spéciale sur le genre de la Banque africaine de développement.

Dans la société africaine, l’influence des pratiques et des coutumes traditionnelles domine et limite les opportunités pour les femmes et les filles. La majeure partie des femmes n’ont pas cette chance d’aller à l’école où de terminer leur étude. Elles sont chargées des tâches ménagères et ne peuvent pas s’occuper financièrement d’elle-même. Un proverbe africain stipule ceci : « Quand on éduque un garçon, on forme un homme. Quand on éduque une fille, on forme un village. » En effet, les revenus d’une femme sont majoritairement consacrés aux soins de santé et à l’éducation. Elle consacre jusqu’à 90 pour cent de ses revenus, contre seulement 30 à 40 pour cent pour un homme. Cette façon de faire a des répercussions sur l’ensemble de la société, au-delà des générations.

Aussi, de manière générale, en situation de grande fragilité ou pire d’insécurité chronique les femmes sont les plus amenées à consacrer leur travail à l’alimentation, à la santé, à l’éducation contribuant ainsi à l’atténuation de la gravité de la situation et à la recherche de solutions.

Selon, l’ONU, « Si les pays agissent dès maintenant, les changements qui se produiront durant les prochaines années auront des effets positifs cumulés au cours des décennies à venir. ». A Christine Lagarde de renchérir que : « Le 21e siècle pose de nombreux défis qui nécessitent de nouvelles manières de penser, mais aucun n'est plus important que le rôle économique des femmes dans un monde en rapide mutation. »

Des indicateurs de développement de l’ONU Femmes révèlent que les femmes vivant en milieu rural africain sont plus vulnérables que les hommes face à des situations critiques associées à une crise ou au changement climatique. Elles sont affectées de façon disproportionnée par la pauvreté.

Autonomisation de la femme rurale : Cas du Burkina

En milieu rural burkinabè, la femme joue un rôle majeur dans la sécurité socioéconomique des ménages. « Lorsqu’elle n’est pas exploitante agricole ou employée agricole, elle est commerçante au marché local. Toutefois, cet effort n’est assez pas soutenu, tant dans la communauté locale qu’au niveau étatique. » Felix OUEDRAOGO, Doctorant en Sciences politiques et sociales à l’UC/Belgique. Le soutien de l’Etat aux femmes reste insuffisant et aujourd’hui encore, la situation socioéconomique de la femme rurale burkinabè est à améliorer.

Les femmes occupent sur le continent une place centrale dans l’agriculture de subsistance. Elles sont incontournables dans les activités de transformation, de conservation et de commercialisation des produits agroalimentaires. Elles sont au cœur de l’économie domestique et du bien-être des communautés rurales et jouent un rôle social essentiel en leur sein. Pourtant, elles disposent de moins de droits, elles ont un accès plus limité aux informations et aux services ruraux et elles sont moins mobiles en raison des charges de famille.

Au-delà de la prise en compte effective de la situation spécifique des femmes, et du genre en général, les politiques de développement au Burkina Faso se sont matérialisées par la mise en œuvre d’actions concrètes visant à améliorer la situation des genres. L’une de ces actions initiées par l’Etat burkinabè est la mise en place d’un « Fonds commun genre » qui, en 2016, a financé à hauteur de 450.000 000 de FCFA (700.000 euros) huit projets portés par des institutions de promotion du genre (le faso.net, 2016).

L’accès au foncier rural reste une des questions transversales de développement en milieu rural. Ainsi, pour faciliter l’accessibilité des femmes aux terres cultivable, l’Etat du Burkina Faso a défini et réservé aux femmes un quota de 30% des terres qu’il a aménagées pour le développement des cultures irriguées. Cependant ce quota peine à être respecté.

Cependant, la société civile et les ONG ont une influence non insignifiante sur les actions étatiques en matière de développement. Elles pourraient dès lors s’impliquer davantage dans le plaidoyer en faveur de l’égalité des genres.

Les défis sont nombreux pour atteindre un développement harmonieux et durable au Burkina Faso. Les acteurs (ONG, Associations…) intervenant dans cette lutte pour l’autonomisation des femmes rurales burkinabè participent de cette quête. Ils sont à saluer et à renforcer !


Le rôle de l’ONG FarmSahel dans l’autonomisation des femmes au Burkina Faso

L’ONG FarmSahel initiative des burkinabè vivant au Etats- Unies et au Burkina Faso veut par son projet apporter sa touche au développement du Burkina. Convaincu que le développement du Burkina devra passer par une autonomisation des femmes en milieu rural. L’ONG oriente ses actions à l’endroit des femmes en leur fournissant du matériel agricole, des fournitures et une formation pour mieux assurer à ces femmes une autosuffisance alimentaire et une autonomie financière. FarmSahel intervient dans les Secteurs d’activités du monde rural dont l’Agriculture, l’Elevage ; L’Agroforesterie, et le développement communautaire etc. FarmSahel envisage Promouvoir une agriculture moderne et écologique à travers le renforcement des capacités, l’accompagnement et les échanges Nord-Sud.

Promouvoir l’autonomisation économique des femmes dans l’agriculture est essentiel étant donné que les femmes représentent en moyenne 43 % de la main-d’œuvre agricole dans les pays en développement. (Fonds international de développement agricole (FIDA) (2011) « Rapport sur la pauvreté rurale 2011).

FarmSahel est convaincu qu’il ne peut y avoir de croissance économique durable sans autonomisation des femmes, et que cette autonomisation ne peut devenir une réalité sans accès à des activité rémunératrice de revenu.

Comme le disait Ban Ki-moon, ancien Secrétaire Général des Nations unies :

« Supprimer les obstacles qui excluent les femmes et les filles de la vie économique, sociale, culturelle et politique doit figurer parmi les principales priorités des entreprises, des gouvernements, des Nations unies et de la société civile. »

Faisons-en un atout, en développant le capital humain qui passe en priorité par l’autonomisation des femmes.



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